Ma première histoire d’amure



C'était ma première grande histoire d'amure, en 2015 quand je suis parti faire le tour de l'Irlande, solitaire.
Auparavant, en somme, je n'avais connu que des amurettes. Peut-on considérer que c’est trop court ou bien trop long, trois mois pour une histoire d’amure ? Tout dépend de ce qu’on en retient.


Pour ma part, j’en ressors enrichi – mais peut-être n‘est-ce qu’une illusion - de quelque chose d’indéfinissable, Sans doute trop personnel pour en décrire clairement les mécanismes et les imbrications qui en découlent sur la vie ordinaire qu’il faut reprendre, lorsque l’aventure s’est achevée.
Une histoire qui n’a pourtant rien d’extraordinaire.
Une histoire d’amure, tout simplement.
« Ah, l’amure, l’amure ! » Entends-je déjà dans le murmure des pontons.
Je pourrais vous en chanter l'histoire, à la façon de notre regretté Jojo qui vient de nous quitter
"une chanson d'amuuur...oh yeah !"
Oui, on a entendu ça bien des fois, n’est-ce pas ?
« C’est l’amure qui mène le monde. »
En tout cas, oui, celui des marins, et plus particulièrement des voileux.
Bâbord amure, tribord amure, de toute manière c’est tout l’un ou tout l’autre, selon que le vent nous arrive par bâbord ou par tribord pour délivrer sa puissance dans les voiles et faire avancer le vaisseau.
On n’a pas le choix d'accepter l'amure sauf à rester « bout au vent », ou « à la cape » et y faire sur presque-surplace ...
Je dis « presque » car dans ce cas on est sujet à ce que la mer voudra bien faire de nous, avec ses vagues, ses courants et ses vents, à bord de notre coquille de noix devenue vaisseau sans gain s’il est bout au vent,  balloté de part et d’autre sans plus d’énergie.
Histoire d’amure, histoire d’amour, ça fonctionne peut-être un peu pareil.
Entre les vagues à lames lacérant le pont du bateau et le vague à l’âme envahissant l’esprit, il y a comme une proximité de situation qui nous met dans l’incertitude de la suite des évènements, cette sensation à la fois étrange et voluptueuse de ne plus vraiment maîtriser tout ce qui se passe et d’être pris aux tripes par quelque chose de plus grand, de plus fort, qui nous emportera peut-être complètement et on ne sait où, ou bien qui nous laissera intact, sur le bord d’une route inachevée, comme s’il ne s’était rien passé.

Histoire d’amure

C’est une histoire d’amure
Dans un vaisseau sans gain
Entre une Dame de piqûres
Et un pauvre marin

L’amure n’est pas sûre
Quand il nous tombe un grain
Et il vaut mieux c’est sûr
Eviter d’faire l’malin

Parfois c’est vraiment dur
Prendre un ris dans l’coup d’chien
Faut bien que le gars assure
Pour ne pas se prendre un pain


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