Alvéolite à Vancouver

Ça commence par un arrachage de dent, du genre qu'on n'est pas près d'oublier. Une dent de sagesse qui fait sa pousse, à mon âge non mais je vous jure !
 Depuis le temps qu'elle me torturait, après quelque insistance auprès du dentiste, il me lança un "on l'enlève lundi...!" bien décidé ... après que je l'aie averti que je partais en voyage le jeudi.
Et le jeudi en question, nous fermions la maison pour tout le mois de juin, donnant quelques vagues instructions au voisin Jean Luc pour les enventuels arrosages du jardin, ledit Jean Luc ex-dentiste de son état me faisant remarquer à la vue de ma joue droite gonflée comme une balle de golf que j'étais peut-être en train de faire une alvéolite ....
En tout cas ça tiraillait sérieusement et je ne vivais déjà plus sans ma boite de paracétamol.



Arrivés à Paris pour passer la nuit chez le fiston Alexis avant de prendre l'avion le lendemain matin, j'en arrivai à une situation où cette impression d'avoir un marteau-piqueur en train de me défoncer la gencive me conduisit à aller chercher secours aux urgences dentaires de la Pitié Salpétrière à une heure du matin.
" C'est une alvéolite suppurée" me dit le nocturne praticien en ajoutant "quand c'est infecté comme ça, l'anesthésiant agit moins bien, tenez ça dans votre main et serrez le bien, allez, courage, monsieur, je vais ouvrir l'abcès", en me donnant a tenir et donc serrer un de ses ustensiles de torture.

Au matin, direction Charles De Gaulle (l'aéroport) sans avoir eu le temps de prendre les médicaments prescrits aux urgences la nuit, j'ai une ration de Doliprane et Ibuprofène, et un antibiotique déniché la veille sans ordonnance chez un pharmacien de Belleville ... Faudra faire avec ...

 ....c'est long, dix heures de vol .... même quand d'adorables hotesses sont aux petits soins pour apporter des sachets de glaçons que j'ai tenus collés à ma joue quasiment en permanence.

Enfin malgré tout, nous voilà débarquant a Vancouver avec nos allures de backpackers - comme disent les jeunes - et toujours ma balle de golf sur la joue, retrouvant notre Cléclé au bout de 7 mois.

Gary - le Ford Escape 4x4 de Clémence et Sophie - nous emmène dans le doux ronronnement de son moteur V6 à boite automatique vers notre premier logement AirBnb où Blair notre hôte nous accueillera.
Arrêt collation dans une espèce de cafetaria-restau. "The bill please?" Et là ça commence, va falloir s'y faire, au tarif indiqué ne pas oublier le "tip" - le pourboire dirait-on chez nous - sauf qu'ici , content ou pas, c'est un passage obligé. Pour 100 dollars, ça fera 115.

Toujours avec le dernier sac de glace de mes hotesses de l'air préférées collé à la joue (le sac, pas les hôtesses ....soupir...elles me remplissaient un gant en latex de glaçons, que j'enrobais dans une chaussette, j'avais une allure ..!) sur notre route mon regard croise à plusieurs reprises parmi les signalétiques publicitaires des "dental care" ou autres "dental clinic" .....ils le font exprès ? Ça c'est de la pub ciblée !  Non, dites-moi, j'ai pas fait tout ce chemin pour en arriver là? Allez, hop, un Doliprane!

Le Airbnb est a l'arrière d'un pavillon dans un quartier boisé assez chic de North Vancouver. Clémence et Sophie ont l'air de faire une retrouvaille en prenant possession de leur chambre avec chacune son grand lit. 
 Appartement bien équipé, avec cette particularité que nous retrouverons partout a chaque étape, tu fais griller une malheureuse tranche de pain dans le toasteur et dans la minute le détecteur de fumée collé au plafond quasiment à la verticale du bloc cuisine de met a hurler .... Et quand on a un petit creux de trois heures du matin pour cause de décalage horaire assaisonné par ce bon sang de marteau piqueur qui me défonce la gencive, c'est un peu comme si l'alarme d'un destroyer soviétique ( oui, pour moi un destroyer hurlant ça a quelque chose de soviétique...) appelait tout l'équipage "tout le monde a son poste, paré au combat!"...
Tu te précipites sur une chaise pour faire taire le destroyer au plafond .... Et tu finis ta tartine un peu penaud au passage des filles qui vont tour a tour aux toilettes pour l'occasion d'un sommeil gâché.

 J'ai l'impression qu'on envisage la cuisine d'assez loin ou assez sommairement dans ce genre de locations ( ou dans ce pays?) Dans les jours qui suivront, les steaks ou les spare ribs au grill du four se feront toutes fenêtres et porte ouvertes, mais se feront ... croient tout de même pas qu'on va se mettre à la diète ou aux surgelés-micro-ondes...?

Bon allez, on la visite, cette ville ? J'ai ma ration de Doliprane et d'Ibuprofène que j'alterne toutes les trois heures pour ne pas me cogner la tête contre les murs, puis je passe au fameux Advil, un anti-inflammatoire à base d'ibuprofène qu'une hôtesse de l'air québecquoise m'avait chaudement recommandé dans son accent trop ravissant.  

Vancouver est comme une sorte de sandwich, des buildings façon gratte-ciel américains pris entre une couche de paysage marin et une couche de montagne. Des marinas dispersées un peu partout dans les détours des innombrables baies, où se mêlent voiliers, yachts à moteur, maisonnettes flottantes, paquebots immenses en partances vers leurs croisières en Alaska, et hydravions accostant ou quittant les pontons de bois tout comme les bateaux, savant mélange dont on ne demande quelle règlementation magique permet a ce balai hétéroclite de fonctionner sans accroc.


 
 
 
 

Notre Cléclé est un peu tombée amoureuse de cette ville étonnante et  cette belle région qu'est la Colombie Britannique, c'est par là qu'elle avait commencé son périple canadien .... 

Marie-Claire et moi sommes conquis tout autant par ce côtoiement harmonieux de la ville et d'une nature qui est toujours proche et débordante. 

 Après quasiment une semaine à Vancouver, nous prenons un ferry pour aller à Vancouver Island, l'île de Vancouver, grande comme quasiment la Belgique, et où le choc d'une nature grandiose n'en finira pas de nous épater. 
Des baies radieuses de beauté avec leurs petites criques encaissées entremêlées d'îlots, sur la côte pacifique, qui donneraient l'envie de venir y poser son chevalet avec sa boite à peinture.... Ballade " whales watching" où nous avons été comblés au-delà de nos espérances d'observation de baleines, lions de mer, et même un ours pêchant sur le bord de côte en fouinant au loin dans les rochers ...    
 


 
 

Pour lire une description de nos visites et découvertes, rendez-vous sur le blog de Clémence et allez également sur ses liens Instagram pour les photos.

 http://cleclevoyage.fr/

 A l'heure où j'écris ces lignes, nous sommes revenus sur le continent, (j'ai fortement diminué mes doses de médocs) et en mode "on the road again" nous sommes entrés dans les terres plus au fond de la Colombie Britannique, à Kelowna auprès d'un grand lac après avoir parcouru environ 450km et frôlé la panne sèche car on peut parcourir aisément des centaines de kilomètres au milieu de cette nature immense et sauvage, certes, mais sans station essence.
Dis donc, Gary, tu serais pas un peu gourmand ?  



On the road again

Notre route va continuer vers des grands espaces de nature, des logements plus sommaires genre cabane ou camping dans les parcs nationaux, jusqu'à Calgary où nous laisserons Clémence pour nous envoler vers Toronto pour y passer quelques jours chez Franck mon frère avant de rentrer.  

 Pour la suite des descriptions je vous invite à aller sur le blog de Clémence ....
Moi je clôture cet article et je reprends un Advil en pensant à mes hotesses de l'air.

( la vache, tout de même, quel beau pays !!)              

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